17 et 18 septembre 2016
à l'occasion des journées du patrimoine

exposition au restaurant "A Confesse"
Rue Saint Laurent, Grenoble



www.biennalesaintlaurent.org


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du 3 au 28 août 2016
participation au festival

In&Off
Saint Julien Molin Molette


la programmation complète est à retrouver ici :
http://www.saint-julien-molin-molette.fr/In-off-2016







Rêverie au fil du pinceau, texte estompé dans la brume - mon dessin est une promenade. J'explore la feuille qui petit à petit s'ouvre devant moi, tentant avec du noir de creuser le blanc pour en déterrer le squelette secret des choses, l'indicible. Jamais je n'y arrive vraiment, jamais je n'en reviens vraiment. Chaque détail reste, figé sur le fragile papier, si sensible, qui enregistre tout. L'encre l'imprègne, le traverse, mais le passage du pinceau laisse aussi des plis, des tensions qui modifient la feuille dans sa structure même. 
Ce n'est pas là agression ! Coopération plutôt. Symbiose. Rien, personne n'en est sorti indemne.


Chaque dessin que je regarde après coup, que je découvre avec étonnement, est une porte ouverte vers un autre - ou plusieurs. Principe exponentiel appliqué à un monde imaginaire qui se multiplie à chaque étape.


Sentiment magique d'errer dans un univers qui n'existe qu'au fur et à mesure qu'il se concrétise.


Ainsi, il n'y a pas de finalité dans ces dessins. Ce n'est pas que le résultat n'a pas d'importance, c'est qu'il ne compte pas en tant qu'aboutissement. Il importe en tant qu'étape. Il doit, par son harmonie, sa justesse, me projeter naturellement vers un autre plus tard. C'est comme un enchevêtrement inextricable de chemins qui se croisent et se décroisent à des vitesses différentes, sans connaître le lieu d'arrivée, sans même le chercher. L'arrivée n'est pas prévue. Comme dans tout voyage, c'est le chemin qui compte. Peu à peu il évolue, le paysage change, il se fait tortueux ou rectiligne, plat ou abrupt, il hésite parfois, revient sur ses pas en une boucle inattendue.

Le pinceau chinois donne cette liberté, qui m'emmène parfois jusqu'aux portes de l'abstraction. Il y a quelque chose du dessin automatique dans la spontanéité qu'il permet. Il peut faire jaillir du papier un instantané de paysage, comme tiré d'un sismographe intérieur. Sensible aux moindres secousses de l'être, à ses excès, à ses non-dits.


Cartographie tremblante d'un pays jamais visité. Vous y êtes bienvenus. Libre à vous d'en explorer les sentiers de traverse : ils sont infinis !